Luttes et guerres

En 1954, une réforme agraire lancée par le gouvernement guatemaltèque lésait les intérêts de l'United Fruit Company. Celle-ci fomenta alors avec l'appui de la CIA ce qui fut présenté à l'opinion publique comme une guerre civile alors qu'il s'agissait bel et bien d'une invasion militaire du pays par des mercenaires à la solde de la firme. Le président déchu Jacobo Arbenz, fils d'un émigré suisse, dut s'enfuir au Mexique.

C'est au prix de conflits souvent très durs que la banane a trouvé sa place sur le marché mondial: grèves des travailleurs revendiquant des conditions de travail plus dignes, corruption, voire renversement des gouvernements des pays producteurs qui lésaient les intérêts de la puissante compagnie bananière United Fruit Company, actions judiciaires en dommages-intérêts à l'encontre des consortiums bananiers qu'engagèrent les travailleurs du secteur bananier victimes de problèmes de santé provoqués par les pesticides, guerre commerciale entre grandes puissances – les Etats-Unis et l'Union Européenne – au sujet des subventions et des droits de douane. Face à cette situation, un certain nombre de citoyens des pays industrialisés se sont regroupés pour dénoncer les injustices de ces structures commerciales et instaurer un système de commerce équitable qui rencontre un grand succès.

Banana Wars
Certains pays producteurs ont essayé en vain de résister à la mainmise économique et politique des puissantes firmes bananières nord-américaines: entre 1898 et 1990, en Amérique centrale, ces tentatives se sont soldées par un total de 30 interventions militaires des Etats-Unis, donnant naissance à l'expression de «guerres bananières».

Conflits du travail
Les cent dernières années ont été aussi marquées par les vastes conflits opposant les propriétaires des plantations à leurs ouvriers agricoles qui revendiquaient des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail.

Les «femmes-bananes» de Suisse et leur engagement en faveur de l'équité dans le secteur bananier
En 1973, un certain nombre de citoyennes suisses commencèrent à remettre en cause le commerce des bananes qu'elles trouvaient inéquitable. Avec le soutien de divers commanditaires, elles lancèrent dans plusieurs cantons une campagne dont le slogan était «15 centimes de plus par kilo de bananes». C'est grâce à l'action de ces «femmes-bananes» que les supermarchés suisses considèrent désormais comme tout naturel de proposer à leurs clients des bananes vendues dans le cadre du commerce équitable sous le label Max Havelaar.

Autres détails sur le site:
http://www.sacree-banane.ch