* L'exposition commence déjà devant le Musée, avec le retour de la fourchette plantée dans le lac. Haute de huit mètres, elle avait été créée en 1995 par le graphiste neuchatelois Jean-Pierre Zaugg et le serrurier veveysan Georges Favre, pour marquer les 10 ans du Musée. Après un séjour au siège de l'entreprise de couverts Berndorf à Littau, près de Lucerne, elle retrouve son emplacement originel pour l'exposition Couverts découverts. Elle rivalise ainsi à nouveau avec la célèbre statue de Charlie Chaplin, pour le plus grand plaisir des promeneurs du Quai Perdonnet.
Objets de la collection Hollander
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| Couteau-Benedicite Couteau de service; lame comportant de chaque côté les paroles et notes gravées d’une chanson à boire en latin, manche en ivoire orné d’os, corne et laiton, Italie, XVIe s. Copyright Hugo Maertens |
Couteau-bois Couteau; bois, laiton et fer, Pays-Bas, vers 1500 Copyright Hugo Maertens |
| Couteau-fourchette-Adam-Eve Couteau, fourchette ivoire, corne, laque et fer, France ou Pays-Bas, fin XVIe s. Copyright Hugo Maertens |
Couteau-fourchette Couteau et fourchette; ivoire, argent et fer, Allemagne, vers 1700 Copyright Hugo Maertens |
| Couteau-cerf Couteau; bois de cerf, argent doré et fer, Allemagne / Autriche, 1750-1760 Copyright Hugo Maertens |
Couteau-corail Couteaux à découper; bronze, doré, corail, argent et fer, Italie (Sicile), XVIIe s. 1) Voir le commentaire ci-dessous Copyright Hugo Maertens |
1) Les matériaux nobles: corail, écaille de tortue, cristal - Faire l’impossible pour se distinguer! Au XVIIe siècle surtout, les couteliers s’essaient à utiliser, pour les manches des couverts et les cuillerons, les matériaux les plus rares et divers, souvent d’origine animale: corail, écaille de tortue, cristal de roche, voire des os de baleine ou des bois de cerf. Pour les cuillers d’apparat, le cuilleron peut être un coquillage rare serti d’argent. La peau de requin, ou galuchat, est appréciée pour les fourreaux et les étuis. Rarement utilisés au quotidien, ces couverts ont enrichi pendant des siècles les «cabinets de curiosités».
2) L’ivoire – pour donner forme à l’imaginaire - L’ivoire provenant des défenses de l’éléphant africain ou indien est le matériau idéal pour les manches et les fourreaux: il est solide et facile à travailler. Le rohart, provenant des défenses de morses, y ajoute une dimension prestigieuse par sa rareté et son coût. Permettant de sculpter les plus minutieux détails, il est souvent utilisé pour des scènes «frivoles»: jeunes femmes aux seins nus, jeunes couples enlacés et légèrement habillés avec parfois leurs parties intimes visibles. Même les figures bibliques d’Adam et Eve pouvaient servir de prétexte à ces fantaisies érotiques.
| Couteau-lame-fourchette Couteau avec lame en forme de fourchette pour manchot; métal blanc et fer, France 3) Voir le commentaire ci-dessous Copyright Hugo Maertens |
Cuiller-apotres «Cuiller aux apôtres» en argent; Pays-Bas (Enkhuizen), 1655 Copyright Hugo Maertens |
Cuiller-apparat Cuiller; nacre et argent doré, Pays-Bas méridionaux, vers 1600 4) Voir le commentaire ci-dessous Copyright Hugo Maertens |
3) Des pièces uniques et surprenantes produites en France - Au XVIIIe siècle, la France détient le marché des couteaux pliants de voyage et de poche, la mode y aidant. En effet, tout homme de condition, en plus de sa blague à tabac et de sa canne d’apparat, possède ce genre de couteaux. Paris est le centre d’une coutellerie expérimentale créant des modèles pour tout usage: pour la médecine, la coiffure, la manucure entre autres. Une nouvelle impulsion lui est donnée avec la publication en 1771 de L’art du coutelier par J. J. Peret qui traite des formes «modernes». Autre spécialité française: les couteaux pour manchots, dont la lame se termine en fourchette. Ces derniers vont être produits en grande quantité après la guerre franco-prussienne de 1870.
4) Cuillers d’apparat mises en vitrine - Au XVIIe siècle, les cuillers richement ornées ont été rarement utilisées à table. Faisant souvent partie des collections princières ou royales, elles enrichissaient les «cabinets de curiosités» et étaient montrées aux invités émerveillés. Les artisans de Prague, Venise ou Augsbourg employaient des matériaux précieux, «exotiques» ou rares. Ainsi, la nacre, l’agate, le corail, l’ivoire, ou même un coquillage entier pour le cuilleron, donnent à ces pièces uniques une aura particulière et mystérieuse.
| Cuiller-argent-Art-Moderne Couvert de table en argent; France, vers 1930 Copyright Hugo Maertens |
Cuiller-Communion Cuiller de communion; buis, Allemagne, 2e moitié XVIIe s. 5) Voir le commentaire ci-dessous Copyright Hugo Maertens |
Cuiller-laiton Cuiller en laiton; Pays-Bas méridionaux; XVe s. 6) Voir le commentaire ci-dessous Copyright Hugo Maertens |
5) La cuiller en bois – lointaine cousine de la louche au XVIIe siècle - Dans la vie quotidienne, une simple cuiller en bois, en forme de louche, est utilisée. Pour les jours de fête et les célébrations religieuses, des pièces uniques richement sculptées sont exécutées. Une cuiller de communion de la collection montre, sur vingt centimètres seulement, toutes les stations du chemin de la Croix avec un grand nombre d’inscriptions minuscules. Pareilles oeuvres d’art ont rarement été mises sur la table et étaient plutôt conservées comme souvenirs.
6) La cuiller – du bol commun à l’outil individuel - Indispensable pour la soupe ou la bouillie, la cuiller est le plus inoffensif de tous les ustensiles de table. Sa forme provient du bol équipé d’un manche que plusieurs convives partageaient. En bois au Moyen Age, la cuiller en bronze et en argent n’apparaît qu’après 1400. Le manche va s’allonger et se parer de diverses figurines en son extrémité: vierge à l’enfant, saints ou apôtres.
| Fourchette-cerf Fourchette; bois de cerf, argent et fer, Allemagne, XVIIIe s. Copyright Hugo Maertens |
Fourchette-corne Fourchette; corne, laiton et fer, Italie, fin XVIe s. Copyright Hugo Maertens |
Fourchette-ivoire Fourchette; ivoire, argent et fer, Pays-Bas, vers 1700 Copyright Hugo Maertens |
| Fourchette-laiton Fourchette; laiton, nacre, verre et fer, France ou Venise, 1622 Copyright Hugo Maertens |
Fourchette-or Fourchette; or, émail et fer, Pays-Bas (Amsterdam), milieu XVIIe s. Copyright Hugo Maertens |
Fourchette-serpentine Fourchette à dessert; serpentine, argent et fer, Russie, début XIXe s. 7) Voir le commentaire ci-dessous Copyright Hugo Maertens |
7) La serpentine, croyait-on, permettait de déceler les aliments empoisonnés: si la pierre les touchait, elle se fêlait.
Couvert pique-nique
Couverts de pique-nique avec étui; nacre, argent et cuir, Angleterre, vers 1820.
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Necessaire-officier
Nécessaire de voyage, dit "d'officier", avec étui rond; argent, ivoire, fer et bois de rose, France, vers 1845.
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8) Voir le commentaire ci-dessous
8) Voyager léger: les ensembles à emporter et les couverts pliants - L’étui en cuir pour les couverts de voyage n’est guère plus grand que l’étui à lunettes moderne. Il comprend pourtant la triade «classique»: un couteau, une fourchette et une cuiller pliants. Largement répandu au XVIIIe siècle, il peut être glissé dans la poche d’une veste: pratique pour le voyageur qui n’est pas certain de trouver des couverts dans toutes les auberges! Les couteliers proposent des solutions raffinées pour en diminuer la taille: un seul manche à visser pour trois ustensiles ou le système appelé «d’amis» qui permet d’emboîter les pièces. Pour les officiers, on développe le «couvert de campagne» ou «nécessaire d’officier»: le gobelet en cuir comprend couteau, fourchette et cuiller pliants, cuiller à café et gobelet en argent, salière poivrière en ivoire et tire-bouchon. Les couteliers néerlandais produisaient comme spécialité de petits couverts de voyage pliants qui combinent cuiller et fourchette en un seul outil. Pays traditionnel du pique-nique et des parties de chasse, l’Angleterre est également à l’avant-garde pour les couverts de voyage pliants et les étuis aux formes les plus variées.
à partir d'une illustration du dessinateur de l’Illustrierte Zeitung de Leipzig qui a visité la maison de campagne d’Otto von Bismarck en mars 1895, alors chancelier de l’Empire allemand. La xylographie exécutée d’après son dessin représente un déjeuner en petit comité avec quelques parents et collaborateurs.
Depuis la Seconde Guerre mondiale, les habitudes de table ont profondément changé dans les pays occidentaux, notamment avec l’influence américaine. L’encas au snack-bar, le hamburger ou le kebab se mangent avec les doigts. Même dans un cadre plus distingué, les amuse-gueule de l’apéritif, exemple type de «finger-food», se dégustent sans couvert.
L'influence profonde de la table et de ses ustensiles dans notre vie quotidienne est démontrée par la multitude des proverbes et expressions autour du couvert. On dit : «il est né avec une cuiller d’argent dans la bouche» pour désigner une personne qui a été élevée dans un milieu très aisé; «il lui a mis le couteau sous la gorge» pour parler de quelqu’un qui s’est imposé par la force.
Au Moyen Age, on se contente de lécher le couvert que l’on porte sur soi ou de l’essuyer avec la serviette. A partir du XVIIe siècle, les hôtes commencent à mettre à disposition vaisselle et couverts: faire la vaisselle n’est plus une mince affaire. C’est seulement avec le lave-vaisselle, qui se répand dans les foyers à partir des années 1950, que les deux phases du lavage et de l’essuyage ont pu être accomplies automatiquement et de manière satisfaisante.
Pour toute information complémentaire:
Alimentarium – Musée de l'alimentation
Quai Perdonnet, CP 13
1800 Vevey (Suisse)
Tél.: +41 (0)21 924 41 11
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